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  • Remi

FOUTEZ MOI LA PAIX

Mis à jour : nov. 18


Depuis le début du confinement je m’interroge :

« Hey, c’est le moment d’écrire sur le blog. Ça fait mille ans que je n’ai rien partagé. »

Pas envie.

Au début je trouvais cela totalement inadapté. Je n’avais rien à dire de particulier concernant le VIH car de toute façon j’ai le sentiment d’avoir déjà TOUT partagé. Présentement je vis, je fais de nouvelles expériences et il est probable que le blog se réactive dans un futur proche mais pour avoir des choses à vous raconter je crois qu’il est nécessaire de simplement lâcher prise quant à la pression que je me suis mis moi-même.

J’ai quitté Twitter il y a une semaine.

ENFIN.

Je ne me suis pas étendu sur les raisons qui m’ont poussé à le faire lorsque j’ai dit au revoir à mes followers, mais je peux me permettre de le faire ici puisqu’ici c’est chez moi et que je peux tout dire.

Sur Twitter tout va très vite, tout le monde donne son avis sur tout en 250 caractères.

En temps normal je trouvais cela très désagréable mais plus particulièrement encore depuis que nous sommes enfermés chez nous. Alors pourquoi subir un algorithme qui me fout sous les yeux des choses que je n’ai pas envie de lire ? Je me suis interrogé longuement car je pensais vraiment que le JOURNAL POSITIF avait besoin de tous les outils possibles et imaginables pour se montrer. Et puis j’ai fini par simplement m’écouter. Twitter c’est le diable.

Je suis seul et j’entame ma 4ème semaine de confinement.

Me connaissant j’aurais pu tomber dans la surconsommation de réseaux sociaux, dans l’indigestion des chaînes d’infos en boucle mais pas du tout.

J’allume la radio, France inter ou France info, ½ heure le matin au petit dej, puis je regarde le point de 19h15 et c’est tout.

Tout le monde veut tout analyser en temps réel, sans prendre de recul, tout le monde veut partager son opinion sur tout, tout le temps, quitte à en changer d’heure en heure : je trouve cela dérangeant, presque plus que la communication de notre gouvernement...

J’ai lu de nombreux articles faisant des liens entre VIH et CoVid-19, notamment sur la gestion de la crise sanitaire et du gouvernement. Certains médias rapprochent les deux pour faire du sensationnalisme.

Il est bien plus racoleur de titrer un article : "Coronavirus : apprendre de l’expérience du SIDA" plutôt que "Coronavirus : apprendre de nos expériences". SIDA, un mot que j’ai beaucoup trop entendu et lu dernièrement alors que le terme approprié aurait dû être VIH.

Il faut croire nous n’avons pas fini de nous battre pour éduquer les médias, les médecins même. Oserais-je évoquer ces infectiologues et autres qui défilent sur les plateaux de télé en pleine pandémie ? Non, je pourrais m’enflammer inutilement.

Ce que je souhaiterais aborder aujourd’hui, afin de conserver l’esprit positif qui traverse mon journal, c’est le principe de Résilience.

J’ai l’impression que c’est un peu le terme à la mode en ce moment et sûrement à juste titre.

Dès l’annonce du confinement, pour parler de mon propre cas, je me suis totalement soumis aux règles du jeu.

Je n’ai pas cherché à lutter émotionnellement, à chouiner en mode :

« Oh lala c’est horrible je ne vais plus pouvoir aller en terrasse, blablabla ».

À aucun moment je n’ai eu envie de lutter. Je crois même qu’une partie de moi est soulagée d’être dans l’obligation de devoir faire une pause.

Je suis physiquement seul dans un appartement de 48 m2, avec un micro balcon. J’aurais pu migrer chez mes parents à la campagne avec un jardin. J’aurais pu passer le confinement avec mon mec. J’avais tout un tas d’alternatives mais non, j’ai décidé, en mon âme et conscience, de vivre cette expérience seul. Je sors une fois par semaine pour faire mes courses, je suis chargé comme une mule et je porte mes cabas à bout de bras en montant mes 3 étages puisqu’il le faut, mais je ne sors pas tous les jours. C’est ma règle à moi, c’est aussi simplement ce que l’on nous demande de faire.

Pourquoi suis-je aussi rigoureux ?

Je viens de perdre mon travail, enfin je suis au chômage partiel depuis vendredi et certainement pour un mois de plus minimum.

Je ne me suis jamais senti aussi inutile de toute ma vie.

Il est difficile de conscientiser à quel point mon rôle dans la société n’a aucune importance. J’ai toujours su que je ne sauvais pas des vies, c’est même un truc que je répète souvent à mes collègues quand ils stressent parce qu’on pas reçu les échantillons pour nos showrooms en temps et en heure :

« Calmons-nous, personne ne va en crever. »

Cela n’a jamais été aussi vrai.

Je ne dis pas que ma vie n’a pas de sens, je constate juste que je me suis arrêté de travailler pendant que d’autres sont sous l’eau. C’est une simple observation.

Aujourd’hui j’ai besoin de mettre du sens dans ce que je fais et c’est en restant chez moi, seul, que je le fais.

Je sais que ma vie va changer. Je le sens tout au fond de moi. Je sais que la vie de beaucoup de gens va changer aussi, pas seulement la mienne.

Cette résilience s’est révélée à moi instantanément.

Quand j’ai senti le confinement arriver je me suis tout de suite mis en mode ermite. Certains y verraient un repli sur soi mais je n’avais simplement pas envie de subir les angoisses, les peurs, les plaintes des autres et même d’amis.

Est-ce égoïste ? Je ne le qualifierais pas ainsi. C’est une façon de me protéger, de m’entourer de bonnes énergies et de vivre cette période de confinement le mieux possible.

J’aurais détesté lutter contre mes démons internes là maintenant tout de suite et je suis tellement heureux d’avoir réussi à les vaincre en amont.

Alors être envahi des démons internes des autres ?

Non merci.

Sans parasites, cela me permet de voir ce qui est important pour moi aujourd’hui.

Mes amis, ma famille, mes collègues (qui sont bien plus que ça) et le garçon que je fréquente.

Rien d’autre. Mais finalement c’était aussi le cas avant le confinement.

Cette résilience nous y contribuons ensemble, nous la bâtissons ensemble, nous nous aidons les uns et les autres à surmonter cette épreuve.

Nous nous rassurons si besoin, nous rions, nous jouons, buvons ensembles. Nous faisons tout ensemble. Nous n’avons jamais été aussi connectés les uns aux autres.

Finalement n’est-ce pas grâce à ces échanges que nous arrivons à atteindre l’état de résilience ?

Nous, confinés, avons de la chance.

La vie nous offre l’opportunité de nous retrouver alors que nous n’en prenons pas le temps d’habitude.

Est-ce que mon travail me manque ?

Est-ce que je me suis marié à la bonne personne ?

Est-ce que je peux être maman 24 heures sur 24 ?

Qui je suis moi ?

N’est-ce pas le meilleur moment pour nous connaître mieux, seul(s) ou ensemble ?

N’est-ce pas le meilleur moment de cesser de lutter contre tout, d’observer, et simplement d’être ce que nous sommes ?

Nous avons cette chance d’être confinés, c’est un cadeau.

Faisons-en bon usage.

J’ai l’intuition que le meilleur nous attend.

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