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  • Remi

30 - AU TRAVAIL

Dernière mise à jour : mai 3


Illustration @mehdi_ange_r (INSTAGRAM)

Je suis de retour.


Je n’ai pas écrit de récit pour le blog depuis juin 2020, mais celleux qui me suivent savent que je ne suis pas resté inactif vis-à-vis de mon engagement pour autant.


Aujourd’hui j’avais envie de faire le point. Et quel point !


Je me suis mis en quête en janvier 2020 de trouver une maison d’édition parce que j’avais l’envie de montrer les textes et les illustrations du JOURNAL POSITIF autrement et plus largement. Il y a eu différentes étapes depuis cette initiative :

  • Cibler des maisons d’éditions pertinentes ;

  • Les contacter (ce qui n’est pas toujours simple) et vendre le projet ;

  • Attendre une réponse ;

  • En avoir une VS ne pas en avoir.


À un moment donné, un éditeur fut intéressé pour faire une adaptation en BD mais ce projet a été avorté avant même de véritablement démarrer. Cela a été une grande déception pour moi. J’avais beaucoup d’espoir pour le concrétiser et par la suite je me suis imposé une longue pause car j’avais besoin de reprendre des forces et de l’énergie pour repartir en quête.


Quelques mois ont passé et en novembre 2020, j’ai commencé à maquetter moi-même ce à quoi pourrait ressembler le JOURNAL POSITIF s’il devenait physiquement une réalité. J’ai adoré faire ce travail. Cela m’a permis de prendre beaucoup de distance avec mes textes et de me focaliser sur mes intentions principales : toucher, sensibiliser et éduquer. Pour moi il fallait que je propose aussi une vision de l’objet, pour aider les éditeurs à se projeter. C’était la leçon que je retirai de mes premiers échecs.


En janvier je me suis relancé dans mes mails, en contactant uniquement des éditions que j’affectionnais.


J’ai eu quelques réponses négatives qui pourtant qualifiaient mon projet de très important, de bien écrit et m’encourageaient à ne pas lâcher. Alors je me suis entêté mais j’étais en colère : je ne comprenais pas que l’on me dise : « Les textes sont forts, les illustrations aussi, le propos est important, mais non merci. » Il me manquait une explication, que j’ai obtenue un peu après.


Un dimanche soir fin janvier, Mix Éditions me répond et pour la première fois j’ai été touché par un retour d’éditeur. Il ne s’agissait pas simplement de me dire « oui » ou « non ». Cette réponse était construite, avec un regard émotionnel sur le projet et puis des commentaires techniques plus objectifs. Craignant être une trop petite maison pour pouvoir rendre le projet suffisamment visible, mon interlocutrice m’encourageait à viser des maisons plus « connues ». Alors j’ai suivi ce conseil, pensant que peut-être en effet ce livre méritait d’être soutenu plus largement.

Les éditeurs, quand ils m’ont répondu, disaient que c’était super mais que ça ne rentrait pas dans leur ligne éditoriale. Je suis capable d’entendre ce type de remarque, mais je crains malheureusement que cela ne soit pas uniquement la raison de tous ces refus.

J’ai obtenu un retour plus honnête en mars. Un retour qui m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses que je n’avais pas comprises avant : « Le VIH n'est plus à la mode. Aujourd’hui il faut être un influenceur pour sortir un bouquin. »

Avec cette réponse j’ai compris que les maisons d’éditions avaient le pouvoir de montrer où ne pas montrer, qu’elles pouvaient changer le monde ou pas, qu’elles pouvaient être audacieuse … ou pas. Le JOURNAL POSITIF est donc victime aujourd’hui du capitalisme et de l’opportunité financière qu’il représente pour qui déciderait de l’éditer. Si vous associez cela à l’invisibilité que notre société nous impose, nous personne vivant avec le VIH, vous comprendrez donc que je puisse être exaspéré et toujours aussi en colère.


Cette colère je veux l’utiliser à bon escient et ne pas l’alimenter inutilement de mes frustrations et autres déceptions.


Comment changer le monde si les personnes qui ont du pouvoir ne parlent pas de nous, ne nous montrent pas ? Quel est l’intérêt d’être visible si c’est juste pour garder la lumière sur soi et ne pas l’offrir à des causes importantes ?

Peut-être ai-je fait les choses à l’envers après tout ? Peut-être aurais-je dû commencer par être Youtubeur beauté, me faire 1 millions de followers et balancer ensuite mon histoire avec le VIH ? Peut-être que j’aurais dû être plus stratège et manager mes ambitions autrement ? Peut-être…


Fuck ce système. Je ne sais pas faire et je n’ai pas envie de faire d’ailleurs.


Ce que je sais faire en revanche c’est écrire avec mes tripes et parler avec mon cœur, et je compte bien changer le monde en continuant de le faire de cette façon : à MA façon.


Alors j’ai réfléchi et j’ai recontacté Mix Éditions en suivant mon cœur. Comment faire autrement d’ailleurs ?

J’ai envie de confier notre projet à une structure qui nous soutienne sincèrement, avec audace et bienveillance. C’est donc avec une joie immense que je vous annonce que le projet verra le jour avec eux.

Une nouvelle étape s’enclenche. Je ne vais pas changer ma façon de produire. Je vais continuer d’y mettre mes tripes et je vous partagerai les futures étapes de cette folle aventure.


Ce que je retiens de cette année de bataille, c’est qu’il ne faut jamais lâcher si l’on est convaincu d’agir en étant juste. Je me suis remis en question aussi, j’ai fait des pauses, j’ai vécu, j’ai écouté, j’ai réajusté mes envies, mes façons d’agir, sans jamais m’éloigner de moi. C’est ça le plus important : parler, agir en cohérence. Je sais que si les choses ont tardé à se mettre en place, c’est que je n’étais probablement pas encore prêt.


Et maintenant : au travail.


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